Quand il aime il nous compte: le “polyamour”, arnaque en vogue

Quand il aime il nous compte: le “polyamour”, arnaque en vogue .

  Plus malins et lâches encore que les prostitueurs il y a les « polyamoureux » qui collectionnent les femmes, ne déboursent pas d’argent, ne s’encombrent pas de mensonges et autres contraintes du secret de l’adultère, passent pour des modernes quand ils sont les produits d’un patriarcat libéral qui vend par la pornographie des femmes à l’infini, toutes disponibles et interchangeables. Il suffit à ce bitard « polyamoureux » de vendre son concept , son discours pseudo avant gardiste pour faire oublier qu’il recycle les plus ringardes recettes du phallocentré, qu’il fait du neuf avec le vieux cynique et rance de mai 68 qui fit passer la mise à mort des femmes pour de la « libération sexuelle ». Des meufs à volonté où l’affectif n’affectionne plus rien que la consommation du nouveau, la bite est à peine trempée que la meuf est oubliée, le plaisir est dans la conquête comme le chasseur qui fait trophée de son crime et étale le nombre des lapines comme autant de billes qui lui gonflent les couilles. Je croise de plus en plus de femmes à qui ils ont vendu le récit de l’insoutenable légèreté de l’être qui sont plombées, victimes d’une trahison dont elles ne peuvent dire le nom. Le contrat est transparent et équitable sur le papier mais c’est oublier la domination masculine, le totalitarisme sexuel masculin, les êtres sociaux que nous sommes en patriarquie où toutes les représentations de partenaires multiples sont valorisées pour les hommes Don Juan et dénigrantes pour les femmes “légères nymphomanes usagées si non vierge “etc… Pour ne plus s’embarrasser du respect ils annoncent qu’ils zappent avant même d’avoir zappé, souvent après la première nuit quand même , au cas où la femme aurait plus de dignité qu’il ne l’espère. C’est un coup double pour la raclure qui peut s’épancher de ses peines « d’amour » concernant Nathalie à Isabelle, il a la maman et la putain synchronisées dans chacune d’elle. Souvent les femmes n’y verront que du feu et culpabiliseront de n’être pas assez « aimante » pour accueillir la largesse de l’Amour de Monsieur. Le déguisement gauchiste de la polygamie de cet ordure sera difficilement attaquable : il a mis le mot magique dans son comportement de mépris , il a mit le sésame de « l’amour » pour nommer sa perversion et il fait croire qu’il a des capacités « amoureuses » irrépressibles . Exactement comme l’achat du viol est légitimé par le mensonge d’un « désir irrépressible masculin ». Il passe facilement pour un gentil puisqu’il a opté pour un discours qui fait dans l’affectif, il déplace ainsi le curseur de ses objectifs réels pour faire oublier qu’il joue dans le jeu des 7 familles de bitards. La réciprocité du contrat n’est qu’ apparente, il découvrirait vite l’égoïsme qui se cache sous les habits de l’honnêteté : livrer à l’autre ses relations c’est obliger l’autre à en faire le traitement intérieur . A l’heure où les rencontres de coeurps sont de plus en plus rares tant l’individualisme patriarco-libéral opèrent des ruptures d’empathies en chaine dans les rapports interpersonnels, il s’avère que le « polyamoureux » ,lui , ne sait plus où donner de la tête tant Cupidon le mitraille de ses flèches fatales. C’est que les rencontres des « polyamoureux » se font sur des sites spécialisés , « l’amour » c’est bien mais si il peut être boosté par des algorithmes c’est mieux. Le porno matraque des filles à l’infini , très vite il faut que Monsieur actualise ses visions avec ses pratiques: il lui faut plusieurs filles, plein de filles, sa partouze simultanée ou différée comme il peut, mais il lui FAUT le harem , toujours une fille disponible dans son bouquet d’options. Et tenez vous bien, quand hélas il tombe ENCORE une fois “amoureux”, c’est un drame, il va souffrir car l’amour ça fait mal n’est-ce pas ? Marie devra le consoler de cet évènement traumatisant d’avoir rencontré Sophie, Sophie sera attendri de sa fidélité à Marie et Paul pourra faire jouer les rivalités si Sophie n’accepte pas d’être filmée au lit quand Marie accepte bien sûr – selon Paul. Tous les “polyamoureux” sont imbibés de porno et ils utiliseront la dévotion d’une femme pour se créer de la valeur aux yeux d’une autre femme. La rupture c’est coûteux, alors ils ne rompent plus, ils empilent dans des flous plus ou moins artistiques , en maniant les non dits, les silences , les demis-mensonges, les semi-vérités et des concepts relationnels . La monogamie est impossible, la polygamie trop clairement sexualisée mais le “polyamour” qu’il est beau et charmant comme une cascade de générosité à vivre, regardez Sartre et Beauvoir d’ailleurs ! Justement, le contrat de la transparence quand il s’agit d’être une ordure transparente ne fait qu’opacifier la puissance d’exister. Le couillocrate libéral réinvente une fable vieille comme la domination masculine pour dorer sa série de consommation d’une allure romantique libertaire. Derrière tout “polyamoureux” se cache un homme auto-centré qui dégueule de misogynie comme il dégueule de conquêtes.

Beaucoup de jeunes filles auront à cœur pour plaire à l’homme d’endosser le fonctionnement du libertarien, cela contribuera à mettre la rencontre dans un bain d’originalité romanesque quand elle se noie dans le cynisme de la quantité qui duplique l’impossible qualité. Femmes, plutôt que d’emprunter ce faux semblant d’enthousiasme et de souffrir en secret de ne pas parvenir à le goûter, il est encore temps d’inventer le courage de l’altérité. Dire que l’on est malhonnête ne sera jamais de l’honnêteté. Ni faire passer une fuite en avant pour de la largesse d’âme. Nul besoin de l’engagement pour sentir que la rencontre des corps engage. Et le déni lui-même n’est pas un problème individuel, le déni est criminel, nous pourrions toutes sans exception opter pour cette lâcheté à soi-même et trouver des soulagements au réel par des fictions ocytocine, du discours intérieur enchanteur qui nous fait avaler les égouts. Le problème est que cette petite voix intérieure qui fait passer de la haine pour de l’amour est LE grand Discours du Patriarcat .

Les hommes du néopatriarcat ne quittent plus une femme parce que la relation n’a jamais commencé. On ne peut finir ce qui n’a jamais commencé. Les hommes d’aujourd’hui consomment des meufs à l’infini à l’image du porno dont la proposition prolifique est sans fin , les femmes-viande sont consommées comme des poubelles à éjaculation. Le polyamoureux consomme aussi le miroir grossissant de son nombril qu’il pêcho dans le regard de la classe sexploitée des femmes. Le polyamoureux est un chasseur de trophées narcissiques, il consomme de la nouvelle fille en série. A la place du discours propagande de la “libération sexuelle” nous sommes face à la libéralisation des affects devenus marchandises à empaler.

Se créer des portes de sorties en instrumentalisant l’autre parce qu’on ne sait plus relationner c’est ouvrir des placards.

Solveig Halloin, 4 février 2017

Please follow and like us:
error