« Salope », « pute », « actrice porno » : les mots des hommes qui cachent les viols industriels des femmes

« Salope », « pute », « actrice porno » : les mots des hommes qui cachent les viols industriels des femmes.
Je ne suis pas une « salope« , non pas parce que je ne fais pas parti de cette catégorie mais parce que cette catégorie de femme n’existe pas dans le réel mais uniquement comme invention masculine, comme concept misogyne de l’idéologie sexiste du patriarcat . L’humiliation par l’asservissement génital restitué par un dénigrement sexualisant de « salope » ne se symétrise pas en « salaud » puisque l’orthographe a d’un coup désexualisé l’insulte. La « salope » et le « salaud » ne sont pas dans le même bain étymologique : la saleté devient celle du sexe uniquement pour son féminin. Et si une femme fait montre d’un désir corporel et qu’elle se trouve taxée de « salope » , ou même s’auto-définit telle par réappropriation malheureuse du stigmate, c’est son DESIR FEMININ qui s’en trouve entaché,dénigré,puritanisé, sali, salopé.


De la même façon qu’une « pute » n’existe que dans le concept colonisateur des esclavagistes sexuels- la colonisation étant ici le territoire corporel des femmes appauvries pour l’enrichissement des hommes- envahisseurs de nos intégrités de femme qu’ils ont transformé en capital, réifiées en possession . Les prostitueurs ont chosifié nos êtres féminins pour pouvoir en inventer leurs appropriations. Et pour garder les mains éthiquement propres, ils nous ont introjecté de LEUR violence, en dénigrant nos corps appropriés devenus . Plutôt que de nommer LEUR haine des femmes, ils ont mis la haine dans le corps du mot de « pute », ils ont introduit leur pénis comme une arme, ils ont introjecté l’assassinat dans la victime, ils ont chargé les féminicides dans nos vagins, ils ont armé les bombes dans nos anus, ils ont mis LEUR poison dans nos bouches. Les acheteurs de viol conceptualisent la « pute » quand il n’existe dans le réel que des millions de femmes contraintes de vendre leur pénétration, des femmes violées par la contrainte de l’argent , la violence des clients, les menaces des proxénètes, l’emprise de la propagande patriarcale qui attribue une fonction sexuelle à toutes les petites filles qui arrivent au monde.


Mais ce n’est pas tout. Le Pire éthique est à venir… Ils ont scellé leurs violences dans nos corps, nos têtes et nos imaginaires, ils ont inventés que nous soyons eux, que nous soyons le bras armé qui nous tue, ils exigent que nous soyons les responsables de nos propres meurtres, ils font que des femmes elles-même s’auto-détruisent en détruisant les femmes. Ils font les exciseuses et les maquerelles. Ils ont inventé que nous soyons « ACTRICES » de la misogynie, et le monde entier répète leur invention car il existe CELLES QU’ILS ONT NOMME, il existe ce que toustes nomme désormais, ils arrivent dans la solution finale du programme phallocentrique, dans la normalisation de la sextermination qui ne peut que être pour une part que le pire de la sexploitation, sans quoi leurs vies d’oppresseurs seraient compromises. Pour dominer, il faut aux dominants des dominées, sans quoi l’objet de leur haine n’aurait plus de corps à détester et l’image de leur pouvoir d’homme disparaîtrait . Les hommes ne peuvent planifier la disparition définitive de notre sexe « impure » sans disparaître eux-même, alors ils aménagent nos agonies et se contentent de plaisirs sadiques, de génocides ponctuels. Ils ont inventé de quoi forclore le féminisme, ils ont inventé le couvercle sur nos ébullitions de résistance. Ils ont inventé un bouclier à nos auto-défenses. Ils ont inventé une PERVERSION fondamentale dans la croyance en laquelle nous avons toustes basculé, ils ont inventé l’ « ACTRICE PORNO ».

“L’actrice porno” n’existe pas, c’est un mensonge sur les femmes qui dit la vérité sur les hommes. Une femme qui se fait pénétrer sous l’oeil d’un caméraman ne “joue” pas la pénétration, elle la vit, il ne s’agit pas donc pas d’une “actrice”. Le “porno”est le film de la prostitution constitué du commerce de pénétrations sous contraintes de manque d’argent, de menaces, de chantages, d’emprise psychologique, de coups, etc… . Il s’agit en fait d’une femme sous emprise de la doxa misogyne contrainte de vendre le spectacle de sa désintégration , le spectacle dupliqué en film du spectacle de la torture, le spectacle perpétuel donc de son AVEU MASOCHISTE, la scène d’une sexclave qui revendique être une « salope », une « pute », la scène filmée de notre aliénation volontaire ultime réclamant la mort à nos bourreaux. Les femmes dans le porno ne « jouent » pas, elles endurent des supplices physiques réels , leurs actions sont la mise en scène de leur viol et leur comportement doit dire que ses supplices sont voulus. Elles sont la bouche des hommes qui mentent sur les femmes. Elles sont là pour valider la nature masochiste des femme à être des serpillères sexuelles. Là encore, elles ne « jouent » pas mais elles mentent pour de vrai sur ce qu’elles subissent . C’est ce mensonge que l’idéologie masculiniste achète. C’est cet aveu extorqué qui se monnaie . Le porno n’est pas une fiction mais des tortures et humiliations sexuelles spectaclisées , les femmes ne jouent pas, elles souffrent et doivent simuler de jouir de leur souffrance. Elle doivent dire qu’elles désir être violées pendant la violence du viol. Elles performent l’aliénation … en se clivant . La dissociation et la programmation psychique des femmes par la secte patriarcale permet l’obtention de marionnettes à chair n’ayant plus de limite dans l’acte d’exhibition. Obtenir de l’affection contre de la violence ou associer les sensations d’un stimuli érogène à une insulte ou un coup fait parti de violences programmatiques. L’emprise fait que les émotions des femmes sont manipulées. La fonction du mythe de « l’actrice porno » comme une catégorie professionnelle cache une mise en abîme de perversions patriarcales aux successions de violences inouïes, inaudibles, impensables, au-delà des mots pour en dire l’effroi. Ils font dire aux femmes qu’elles aiment être viandisées . Les catacombes du patriarcat sont là. Sade a réussit son projet de la sodomie des mères par leurs filles. L’idéologue masculiniste est publié en Pléiade. Des tonnerres d’applaudissements accompagnent les projets du psychopathe sexuel depuis des décennies. Les « actrices porno » font cela. Elles sont tuées en ligne. Et ils ont invisibilisé le crime en le légalisant . Et ils ont invisibilisé le crime en le contractualisant. Puisqu’il y a accord marchand c’est que c’est un travail n’est-ce pas ? Ils ont créé une valeur au crime de viol . Il faut critiquer cette valeur parce que c’est le mâle. Les hommes ont inventé des castes misogynes, des nivellement de haine, des catégories de femmes. Ils ont diversifié la marchandise femme en plusieurs produits de consommations sadiques, les propositions marketing sont en ligne au bout d’un clique « porno ».
En vérité, je vous le crie mes soeurs, nous devons nous soucier du trou de nos prisons patriarcales, nous devons nous soucier en priorité de la shoah des femmes fusse-t-elle atomisée dans les camps des baisodromes . Le mal est si banal qu’il est le premier usage d’internet, et la confusion entretenu entre le réel et la fiction est l’ingrédient explosif de tout totalitarisme. Dans le grand cirque hypocrite des rouages patriarcaux, ils veulent que nous asseyons notre dignité sur le dos d’une autre femme, ils veulent nous instruire le féminicide. Cette autre femme c’est toi, c’est moi . Nous sommes la poubelle de leur haine, ils veulent que cette poubelle ait plusieurs étages d’ irrespectabilité.

Je ne suis pas une « salope » et je ne laisserais aucun homme me dire « Tu n’es pas une salope », parce que les SALOPS qui possèdent la haine des femmes ce sont eux .

Chaque fois que je me défends des agresseurs je dois protéger toutes les autres en moi qu’ils agressent .

Si nous pensons à nous toutes et à toutes en nous, il y a encore de l’espoir .

Solveig Halloin , 6 mai 2018

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