A eux le DESIR IRREPRESSIBLE, à nous le CONSENTEMENT ? Le consentement, un seul mot pour deux parties, un seul mot pour deux parties au rapport de forces inégalitaires. L’androlecte a une nouvelle fois volatilisé la réalité de l’oppression faite aux femmes par son pouvoir de ne pas la faire apparaître dans les mots. Le langage masculin a confisqué la violence dans le symbolique du langage pour neutraliser la conscience de sa réalité. Le consentement implique un rapport de force avec un supérieur hiérarchique. De là il advient que le consentement sexuel d’une femme en domination masculine universelle n’a aucune valeur de liberté, le consentement n’est pas une absence de contrainte, il EST la contrainte. Dans une relation égalitaire je ne consens en rien , je désire . Consentir ne concerne que les opprimées jamais les oppresseurs. On ne dit jamais qu’un homme consent à un rapport de corps mais qu’il désire , ce n’est pas pour rien que le « consentement » est réservé aux femmes.

Le consentement est exactement l’inverse du désir, consentir c’est être obligée de dire « OUI » à une violence pour en éviter une autre supérieure . Je peux par exemple consentir à vendre mon viol, consentir à vendre un organe, consentir au “polyamour” pour ne pas perdre quelqu’un , consentir à être violée pour ne pas être tuée. L’homme choisit la polygamie ,la femme y consent . L’homme choisit le voilement, la femme y consent. Le consentement c’est la coercition patriarcale légalisée, l’argument du fascisme libéral et de son “choix individuel “dans un contexte qui ne permet aucun choix. Le consentement c’est faire passer l’absence de choix pour un choix, entre la peste et le choléra choisir le choléra n’est pas une liberté. Les alternatives des femmes ne sont que des impasses: quand on va vers une option dans le labyrinthe des oppressions, les patriarcaux s’empressent d’appeler cela du “libre arbitre” , du “consentement” ou autres subjectivations de la sujétion. Consentir ou ne pas consentir c’est faire croire qu’il s’agit de dire OUI ou NON , alors qu’il ne s’agit que de céder à un rapport de force qui ne nous rapporte rien . Le consentement cache un chantage , une violence première qui ne doit pas être nommée. Consentir c’est dire OUI à la soumission . DSK a-t-il « consenti « à violer ? Non car il avait le choix de ne pas le faire, en revanche elle a consenti à vendre son viol car le frigo était vide et ses enfants avaient faim. Il y a TOUJOURS un meneur dans l’échangisme , le polyamour , etc… L’arnaqueur devra faire passer le consentement de l’autre pour son propre désir et toutes les représentations patriarcales actuelles sont des éducations à la perversion, je dirais même que la majorité des jeunes filles sont sous emprise des queutards ringards consen-tueurs . D’ailleurs, pourquoi le « consentement » est brandi quand il s’agit de violer les femmes ? Dira-t-on d’un esclave qui fait 18 heures par jour en usine qu’il « consent  » ? JAMAIS , car tout le monde sait qu’il n’a pas d’autres choix. En revanche, la couillocratie en appelle au consentement uniquement quand il s’agit des femmes et pour les responsabiliser des violences qu’elles subissent . Et nous voilà coupables d’être des victimes. Le consentement c’est le bouclier du dominant. C’est obliger une victime à acquiescer au couteau un pistolet sur la tempe. A avaler un phallus un pistolet sur la tempe. Les “actrices” du porno ne sont-elles pas consentantes ? Et qu’importe le hors champ de la contrainte n’est-ce pas …? Qui sommes nous tous pour autoriser ce viol perpétuel de millions de femmes ? La légalité du porno sous couvert de consentement c’est de la complicité de viol d’une société entière.Nous devons comprendre que consentir c’est céder. Et plutôt que de continuer à intérioriser l’acceptation des violences, il faut un sursaut de dignité. L’enjeu est considérable car l’oppresseur fait TOUJOURS dans la surenchère si il n’est pas arrêté. L’habitude de la servitude nous rend hermétique au désir de liberté. Il faut apprendre à désirer ce que l’on ne connaît pas ,il faut inventer ce parfum car si nous n’y parvenons pas nous allons nous battre pour notre mise à mort. Car se battre pour le droit des femmes ce n’est pas forcément être une femme libre : tout dépend de la valeur de ce droit.Le visage actuel du patriarcat fait dans la perversion , si nous ne parvenons pas femmes à sortir du piège de la brutalité libérale qui fait de nous toutes des femmes libres d’être des esclaves via le voile ou la pornographie nous allons devenir une classe de kapos . Ils sont en train d’obtenir de nous que nous revendiquions « le droit » d’être lapidées, voilées, pornifiées, échangées, avortées…Sans que soit remis en cause la racine des violences des hommes commanditaires lapideurs, voileurs, violeurs, filmeurs de viols, spectateurs de viols, échangeurs, fécondeurs…

Le consentement nous a fait perdre la mémoire que pénis dans vagin n’est pas une fatalité quand les rapports cessent d’être les leurs.Le consentement peut s’arracher, le désir jamais…Soit nous devenons enfin des êtres au désir irréductible, soit nous travaillons aux aménagements de nos servitudes.

Désirer ou consentir, femmes, telle est la question.


Solveig Halloin 7 février 2017