L’HUMANIMÂLE PERSÉCUTE LES ZOONIMOTS Plaidoirie EnsanglantéE

Plaidoirie écrite et énoncée par Solveig Halloin à l’Hôtel de Ville de Paris le 9 décembre 2017 dans le cadre du 2e concours d’éloquence du collectif « Droits humains pour tout-e-s »
Le jury* n’a pas retenu le terme “Humanimal”, le combat de la civilisation continue jusqu’à l’abolition de l’esclavage que constitue l’élevage !

L’HUMANIMÂLE PERSÉCUTE LES ZOONIMOTS  : Plaidoirie EnsanglantéE

Où trouver l’éloquence quand il n’y a plus de mots ? A quoi bon l’éloquence quand il n’y a plus de sens ?

Mais allons droit au but car ielles n’ont pas le temps.

Renversons le grand H de l’Homme, émasculons la grande Hache majuscule qui coupe la tête d’Olympe minuscule. Restons là avec elle, corps coupé, de ce sang sans espoir recréons la salive, de ce rouge filet tirons une direction, fille conductrice du sang des mots, et de cette béance, filons ma sœur, les significations . A côté du trauma, la sanglive à la bouche, je parlerais pour trois.

Vite ! Passons la phallucieuse « Dicklaration Unicervelle des droits du Zob ». Ignorons les écrits qui posent les zizis SUJETS de droits sur celleux qui ne seront dès lors qu’ OBJETS de droits, objets assassinés par le locu-tueur . Moquons nous les épées privilèges de voler, voiler, viol-hanter. Putréfions la patriarkiki et son générique masculin, rapteur d’universel, exhibe sexe du tyran énoncia-tueur. Ils nous ont renvoyés, jouons sur les orbites. Rions du club des bites, toujours braquemarcentré.

Ne traînons pas davantage les boulets de leurs autres adages dont ils font fiertés : « Liberté, Egalité, FRATERNITE » rédigé au pénis par des glands de ce monde. Immonde discours, discriminant DES solidarités immasculées, affichant le féminicide en programme politrique. Les confréries unies toutes en haut de l’échelle sont toutes les mêmes couilles faites deux glands. Soeur, mon frère ?! Sortons de l’androlecte pour apparaître enfin !
Mais ce n’est pas l’Humain qui doit prendre le centre, non ce n’est pas les « Fommes » que hurle le sang d’Olympe : le sang n’hurle que le sang. Et cette fois, terriennes, nous n’oublierons personne. Car c’est cette hache Humaine qui débite à la tonne : vaches mes sœurs , corps coupés comme Olympe mais cette fois par milliards et à perpétuité.

Effroi normalisé, banalité du mal , peuples persécutés bien pire qu’à nos pieds, dans chacun de nos pas. Oui, les chaussures qui me portent c’est sa peau tuméfiée. Nous ne marchons pas sur un charnier, nous carburons extermination, permagénocide, agonies en séries, holocauste en toast, production intensive de victimes à la chaîne, une solution finale qui ne finit jamais, apocalypse industrialisée… Chacun d’entre eux pourtant, éperdument uniques nous crient leurs émotions qui perlent dans leurs yeux.

Alors, alors… cessons de penser les animaux mais pensons nous comme les sapiens sapiens que donc nous sommes . Humanimal, abolit le père de tous les esclavages, abolit l’élevage et sa zoophagie.

Que l’anatomie cesse à jamais d’être critère politique ! Que les mâles soient dépossédés des droits iniques de s’approprier les corps de toutes les femelles. Que cesse les dictatures de LA différence , du sexage au spéçage, pour que danse enfin LES courbes colorées . Qu’on cesse d’étiqueter « sauvage » les animaux libres et qu’on libère enfin les esclaves de chair. Allons rejoindre les zootres nous-même dans les camps d’engraissement et soyons avec eux ce que nous n’avons jamais cesser d’être : la Nature qui se défend.

A toi qui tous les jours depuis plus de 100 ans , toi qui à l’instant précis éprise dans l’étau du hachoir de la mort , toi vache matriculée permets de te nommer une première fois avant que ton cou soit coupé il faut que je te sorte de l’espèce où on t’a oublié : Olympe, tu as existé, je t’en fais la promesse devant cette assemblée, nous sauverons tes génisses à naître de leurs morts programmées……………

Allez vous cesser ?
De planter vos haches
Dans nos corps de vaches
Nos ventres volés
Nos bébés tétant
Vos barrières de fer
Le sang blanc amer
Nos mamelles pleurant
De ce lait si rouge
Qui pompe nos larmes
Silencieux vacarme
Pourquoi rien ne bouge ?
Allez-vous cesser ?

Etre de néant
Naître pour mourir
Enfermés vivant
Enclos d’avenir
Nous sommes paraît-il
De la viande à cuir
Bon pour agonir
Pour votre plaisir
Mais que l’on ait peur
Mais que l’on ait froid
Nos cris de douleurs
Ne compteront-ils pas ?
Ne nous mangez pas !
Ne nous mangez pas !

Neuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu ! (meuglement d’une vache)

Solveig HALLOIN, 9 décembre 2017

Plaidoyer prononcé à l’Hôtel de Ville de Paris dans le cadre du 2e concours d’éloquence du collectif « Droits humains pour tout-e-s »
Le jury n’a pas retenu le terme “Humanimal”, le combat de la civilisation continue jusqu’à l’abolition de l’esclavage que constitue l’élevage !