« TOUT CE QUI N’EST PAS HUMAIN EST UNE CHOSE » ou les sophismes du juridique totalitaire

Épuisée d’utiliser les mots quand quoiqu’ils disent aucun ne fait bouger ce monde. Quel est ce leurre de penser que c’est par le débat qu’on impacte ce monde immonde ? Quand c’est l’inverse : le totalitarisme capitaliste a besoin de débats pour exercer ces écocides, génocides, zoolocaustes. Observons comme il faut le visage particulier de cette dicktature et comprenons son stratagème pervers qui instrumentalise l’écoute des plaintes pour pouvoir affirmer qu’elle écoute et non pour écouter. La présence des débats est l’alibi d’un feu fonctionnement éthique. Le débat permanent – « grenelles », « commissions », « enquêtes », »états généraux » – qui ne prend jamais acte est la forme même d’un totalitarisme mondain. C’est l’extrême centre qui cultive le relativisme moral, la symétrisation entre la parole criminelle et celle de justice. Mais aussi, c’est la permission faite à la plèbe d’user de l’oralité sans trace, de la parole sans amplification quand SEULS les dires des tyrans seront amplifiés par sélection et diffusion de masse.

La barbarie spéciste du patiarcapitalisme POSSÈDE les merdias, elle a acheté les supports à la vectorisation de SA parole. Et chaque journaleux est le subalterne qui ne doit son emploi qu’à son obéissance. Ou profite de sa fonction pour brandir son mantra de « neutralité » au moment où il balance de l’idéologie immorale. Le journaleux customise la doxa et s’assure de la réorientation des faits dans le sens du statu quo génocidaire. La pratique de ces fossoyeurs de réel est de manipuler leurs sources et de recréer un récit, celui de la dicktature MAIS avec l’apparence d’une dialectique. Les journaleux orientent le débat dans le sens de ce qui empêche leur licenciement : payés pour mentir. La censure est auto-censure. La marchandisation de l’information ne peut être que sa falsification. Et ils se gargarisent de leur position externe quand elle n’a jamais été autre qu’une superposition de celle de l’employeur. Pire et drame: les journaleux semblent ignorer que la « neutralité » en situation de guerre profite toujours aux despotes. Encore faut-il voir la guerre. Qu’ils entrent dans un élevage, ils découvriront ses camps !

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Aussi, quand les mots ne marchent plus, il faut marcher en gestes.

L’effroyable condition animale n’est pas une question. L’élevage n’est pas un débat, c’est un holocauste. La barbarie n’a pas à être étudiée mais interrompue. La violence ne se critique pas, elle se combat. Ce n’est pas la controverse qui fait étape vers une résolution morale et un changement effectif. Dans le cas du totalitarisme libéral, c’est le « jeu démocratique » qui est instrumentalisé et la démocrature assure la permanence des violences. Et dès que les gestes pointent enfin, le débat s’empresse de devenir « Grand Débat ». Parce que la parole ne vaut plus rien et qu’il faut maintenir le fascisme en ré insufflant du discours là où les corps indignés étaient parvenus au passage à l’acte . Tout est un déclaratif sans valeur et leurs GESTES FONT AUTRE CHOSE ! Débattre devient alors irresponsable, obscène, criminel, quand au même moment, les victimes poussent un dernier souffle. Le vampire libéral se repait des mots de la résistance pour gonfler ses écrans d’inoffensivités. Les cris des indignés font fumée camouflant les violences qu’ils expriment. Aussi, quand une procureure de la République française énonce « Tout ce qui n’est pas humain est une chose » et que l’assistance du Tribunal reste muette, immobile, docile, au nom des conventions mondaines d’une République fossile, alors l’assistance devient complice de la fin du monde.

Puisqu’ aucun des mots prononcés dans le Tribunal d’Evreux par la horde spéciste ne pourrait s’entendre en présence des animaux d’élevage, et puisque leur dignité ne saurait être en débat des zooppresseurs, alors refusons à jamais de débattre sans ceux dont on débat. Transgressons la contingence que la langue soit l’expression supérieure seule reconnue par le critère du sapiens. Réhabilitons leurs autres langages dans le dialogue. Et voyons si dans leurs hurlements nos bavardages restent audibles, si nos bavardages restent. Allons débattre PARMIS eux dans les élevages. Que juges, procureurs, avocats, journalistes et éleveurs entrent dans les camps des chairs tremblantes et osent réaffirmer ou laisser dire « Tout ce qui n’est pas humain est donc une chose »

Allons délivrer les prizooniers immédiatement, que la résistance ne s’autorise QUE les gestes qui dévictimisent. Ne créons plus de symbole mais améliorons le réel. Ce n’est pas l’injustice des pantins automates qui doit légaliser l’holocauste, « holocauste » signifie « chair brûlée » et ils l’avalent en toast avant de reprendre la séance des blablas spécistes. C’est une dinde dans l’estomac que la République éructe ses infamies. Mais ils ne savent pas reconnaître les mots car ils ne s’emploient qu’à les manipuler. Ils n’en reconnaissent pas la valeur faisant de l’élevioleur de douleur un exploitant quand c’est un exploiteur voleur d’envols. Les zoonimaux sont donc par eux coupables d’être innocents. Les Tribunaux n’ont jamais fait la distinction quand ils affirmaient encore que les personnes noires n’avaient pas d’âme ou que la Terre était plate. Mais l’éthique n’a pas besoin de l’ approbation d’un tiers institutionnel pour commettre la Justice. Désobéir est à acter à chaque étape, face à tous les intermédiaires du système mizoogyne. Il est vain de désobéir à l’inique appropriation des esclavagistes si c’est pour ensuite obéir à ceux qui les défendent. Pour atteindre les victimes, il ne faudra cesser de désobéir à toutes les instances autoritaires. Quand l’Etat viole, c’est un devoir de conscience que de violer ses lois. A la seconde où la lâcheté se fait montre et cède à la peur des représailles, c’est les milliards d’agonisant.es qui poursuivent leurs perpétuités. Les justes n’ont pas le choix : quand la défense des zoopprimés stagne, clone ses modes opératoires, elle RECULE POUR LES VICTIMES.

Un combat d’abolition a toujours à faire avec l’exécutif répressif puisqu’ils ont légalisé l’ illégitime. La case prison ? Même pas peur ! Engorger vos murs de violence sera une stratégie . Vous judiciarisez le politique, nous ferons imploser vos geôles. Par milliers. Car la pérennité de l’élevage est bien plus dangereuse que vos incarcérations .

Alors avance, avance, ne cède pas aux vertiges de la peur, avance vers celleux qui ne peuvent avancer.

Défend-les qu’iels puissent se défendre.

Que les gestes pratiqués par les kapos trouvent enfin une opposition par les gestes de la résistance pour la Libération Animale. Ce sont les gestes justes qui sont justice et font justice. Entrave les crimes des élevages, entrave les palais d’injustices : ceux sont eux qui ENTRAVENT LA LIBERTÉ DES ZOOTRES !

Enjambons les menhirs de l’ancien monde, marchons vers les camps qui séquestrent et plus que jamais : LIBÉRONS-LES !

Solveig Halloin, 26 septembre 2019

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