Zoolocauste : holocauste des zoonimaux

Si l’on remplaçait les autres animaux par des êtres humains, comment appellerait-on cela ?

« Laissez-moi le dire clairement : nous sommes au centre d’une industrie d’extermination, de cruauté, et de meurtre qui rivalise avec ce que le Troisième Reich était capable de faire, qui le surpasse même, dans le sens où celle-ci est sans fin, auto-génératrice, mettant au monde les victimes, lapins, rats, volailles, bétail sans cesse, dans le but de les tuer. »
John Maxwell Coetzee, Prix Nobel de Littérature.

« Quand je vois ces cages pleines à craquer de poules d’élevage en batteries, balancées dans des camions comme des tas d’ordures, je vois, avec les yeux de mon âme, l’Umschlagplatz (là où les juifs étaient forcés de monter dans des trains pour les camps de la mort). Quand je vais au restaurant et vois les gens dévorer de la viande, je me sens très mal. Je vois un holocauste dans leurs assiettes. »
Georges Metanomski, survivant de l’Holocauste qui a combattu lors du Soulèvement du Ghetto de Varsovie.

« À chaque fois qu’Herman assistait à l’abattage des animaux, des poissons, il avait toujours la même réflexion : dans leurs actes envers les animaux, tous les hommes sont des Nazis. Le mépris dont l’humain peut faire preuve envers les autres espèces, comme pour illustrer fièrement les théories racistes les plus extrêmes, le principe que la force prime sur le droit. »
Isaac Bashevis Singer – Prix Nobel de Littérature, fils d’une famille déportée pendant l’Holocauste.

ÉLEVAGE : LE MODÈLE POUR LA SHOAH
Heinrich Himmler, chef des SS et principal architecte de la Shoah, fut initié à l’eugénisme par la reproduction animale. Ses études dans l’agriculture et son expérience dans l’élevage de poulets le convainquirent que puisque toutes les caractéristiques comportementales sont héréditaires, la manière la plus efficace de forger l’avenir d’une population – humaine ou non – était d’instituer des projets de reproduction qui favorisaient le souhaitable et éliminaient l’indésirable.
Himmler était un passionné de l’élevage et gérer un élevage de poulets accrut son obsession pour l’eugénisme et pour l’amélioration des êtres humains comme celle des souches animales.
« Son intérêt pour la reproduction et l’abattage des poulets se transforma en intérêt pour la procréation et le meurtre des êtres humains. » Fritz Redlich, psychologue.
Après la guerre, un de ses officiers SS témoigna que le passé d’Himmler dans l’élevage était bien à la base de son obsession pour la procréation raciale. L’exploitation animale – sélection, reproduction et abattage – a posé les jalons à chaque étape sur la voie menant au génocide.
Extrait du livre de Charles Patterson, Un Éternel Treblinka (2002).
 

LA SHOAH ÉTAIT DE L’ÉLEVAGE

Himmler était dans une position qui lui permettait d’appliquer les principes et les méthodes de l’élevage aux humain·es, position dans laquelle aucun eugéniste américain ne se trouva jamais [1]. Jochen von Lang écrit : « Après son échec commercial en tant qu’éleveur de poulets, Himmler choisir de devenir un éleveur d’êtres humains. » [2] Les SS purs sur le plan racial allaient être ses taureaux reproducteurs, et ceux qu’on jugerait inaptes ou porteurs de problèmes seraient éliminés. « Il doit être évident que la procréation la plus copieuse doit venir de cet ordre [des SS], de cette élite raciale du peuple allemand, proclama Himmler. En vingt à trente ans, nous dévons réellement être en mesure de fournir à toute l’Europe sa classe dirigeante. » [3]

Comme Himmler, Richard Walther Darré, le chef des experts en agriculture du parti nazi et un de ses idéologues les plus anciens et les plus importants, avait étudié l’élevage et connaissait des méthodes de reproduction du bétail. Il portait le titre de ministre du Reich pour l’Alimentation et de chef du Reich pour la Paysannerie. Convaincu que les éleveurs étaient le trésor national de la force raciale, il voulait que les principes de la reproduction animale dirigent la politique démographique nazie.

Rudolf Höss, ancien éleveur et commandant d’Auschwitz était un autre partisan enthousiaste de l’eugénisme. Aux premiers jours, quand Auschwitz n’était qu’un petit camp, Höss et Himmler établirent des plans pour construire un réseau de camps satellites et transformer le complexe en un grand centre agricole. « À la fin de l’été 1941, Himmler me convoqua à Berlin pour m’informer de l’ordre fatal qui envisageait l’extermination en masse des Juifs de presque toutes les régions d’Europe, et c’est ainsi qu’Auschwitz devint le plus gros abattoir humain que l’histoire avait jamais connu. » [4]

https://furtherglory.wordpress.com/2011/04/12/heinrich-himmer-the-chicken-farmer/amp/?fbclid=IwAR2Rfvf9GU4_Q67yCkZASbvR_8GIA0AmTXX_j-nmmXN5ywH4PIJj3S1Gkdw

DICTATURE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI

Selon l’historien Robert Payne, le mythe qui veut que Hitler ait été végétarien fut principalement l’œuvre du ministre de la Propagande de l’Allemagne nazie, Joseph Goebbels :
L’ascétisme de Hitler joua un rôle important dans l’image qu’il projetait sur l’Allemagne. Selon une légende à laquelle beaucoup croyaient, il ne fumait ni ne buvait, il ne mangeait pas non plus de viande et n’avait aucune liaison. La première affirmation seule était vraie. Il buvait de la bière et souvent du vin coupé d’eau, il aimait tout particulièrement les saucisses bavaroises et il avait une maîtresse, Eva Braun, qui vivait avec lui discrètement au Berghof – entre autres aventures discrètes avec des femmes. Son ascétisme était une fiction inventée par Goebbels pour faire croire au don total de sa personne, au contrôle qu’il exerçait sur lui, à la distance qui le séparait des autres hommes. En faisant publiquement étalage de son ascétisme, il pouvait prétendre être tout dévoué au service de son peuple [1].

Quant à la compassion et la gentillesse, c’étaient des anathèmes pour Hitler, qui considérait que la force prime sur le droit et que les puissants méritent d’hériter de la Terre [2]. Il voulait que les jeunes Allemands soient brutaux, autoritaires et cruels. Pour éliminer tous ce qui pouvait en eux être faible ou gentil, certains membres des SS devaient élever un berger allemand pendant douze semaines, puis étrangler le chiot devant un officier [3,4].

Extrait du livre de Charles Patterson, Un Éternel Treblinka (2002)

[1] Robert Payne, The Life and Death of Adolf Hitler
[2] Ian Kershaw, Hitler, 1936-1945: Nemesis
[3] Boria Sax, Animals in the Third Reich, Pets, Scapegoats, and the Holocaust
[4] Peter Schrovsky, Born Guilty, Children of Nazi Families

« Aujourd’hui la dictature est toujours en place. Les dictateurs de l’holocauste des autres animaux demandent sans arrêt le démantèlement des association animalistes et l’enfermement des activistes & lanceuses d’alertes. La milice d’État enquête sur les résistant·es de Justice, les harcèle, les convoque, les perquisitionne, les vole, les humilie et les enferme. Les enferme comme les esclaves de l’élevage. Soit on vit dans notre confort, chose simple et agréable qu’on pourrait faire dans un monde de Paix, soit on lutte pour avoir ce monde de Paix. Nous n’avons pas le choix, les dictateurs nous imposent ce monde invivable. Soit on meurt de l’écocide que fait le zoocide, soit on lutte. Soit on meurt de la future pandéMeat, soit on lutte. Soit on abandonne nos sœurs & frères dans leurs prisons létales, soit on lutte pour les-en sortir. Nous combattrons les Hilter, Himmler et Darré d’aujourd’hui, les dictateurs liberticides du monde car nous n’avons pas le choix.
L’apocalypse ou la lutte… » Alizée Denis