END HUSBANDRY, NOUS SOMMES TRUIES

L’EXPRESSION DES LARDONS ET LA DIGNITÉ DES COCHETTES

« C’est la formule du cannibalisme sexuel : on substitue le couteau au pénis et à la pénétration, la caverne à l’utérus, la table de sacrifice au lit, et on obtient un meurtre qui permet d’acquérir les pouvoirs de la victime » Kate Millet

« Nous avons appris à utiliser notre colère comme on utilise la chair morte des animaux. Et blessées, maltraitées, en nous transformant, nous avons survécu et grandi » Audrey Lorde

 » La violence exige toujours des instruments » Hannah Arendt

Il s’agit d’extraire la réalité du Crime du puits d’oubli où il est délibérément enfoui.

Les mâles sapiens font disparaître les victimes de mille façons, à commencer dans le mizoolecte qui nomme vos corps outillés :

  • GORET : jeune cochon mâle non encore pubère, pas encore mûr pour le branlage
  • VERRAT : cochon  mâle violé pour son éjaculat.
  • PORCELET : bébé cochon
  • TRUIE : femelle adulte porcine, en capacité d’enfanter
  • COCHE : Nesclave d’enfantement qui arrive en fin de carrière de marathons gestatifs, destinée à être exécutée. côche désigne au sens figuré une prostituée, femme pauvre contrainte de vendre sa torture. Et les bordels sont « maisons d’abattage« …
  • COCHETTE : Jeune truie violée pour le renouvellement du troupeau. Une fois sa première mise bas, la cochette devient une truie. L’enfant femelle est affublée du diminutif de son future destin de martyre accoucheuse.
  • COCHONNE : femelle sale portée sur le sexe ………..: inversion du pornotueur. Balance ton porn !

Les animaux libres, en dehors du système esclavagiste des chairs n’ont, quand à elleux, qu’un seul nom , hors des dénominations nécessaires aux violeur, sexeur, naisseur , engraisseur, tueur ……….

… Puis les noms de vos disparitions dans le culinaire, vos existences absentes du cimetière alimentaire. Et de cochon tu deviens « porc », les déterminants te réifient et ce n’est plus la côte DU cochon mais la « côte DE PORC » .Tous les husbands sont des  » bouchers de Lyon « ….  Quand le meurtrier ne t’incorPORC pas encore dans le néant de SA « pièce de boucher » pour nommer TON CORPS DE PORC , TA JAMBE dénommée en « jarret », approprié jusqu’à l’os … à moelle … : Filet mignon, rillettes, travers, terrine, pâté, boudin, cassoulet , andouillette, saucisse de Toulouse, jambon de Bayonne , bonbon, porc au caramel, hachis parmentier … Et la sophistication gastronomique fait exploser l’obscénité éthique : « Joue de porc au cidre », l’immoralité est enfouie dans la rusticité .

La graisse de ton corps obésifié devient du « lard« , découpé devient « lardons », markettisé devient « allumettes de lardons ». Mais des justes savent encore le visage de ta viande, le regard du lard, l’expression des lardons…

Le mâle sapiens, les hommes, déforment, dévisagent, défigurent, fragmentent , et remodèlent vos existences vivantes et assassinées. Ils vous avalent et ils vous chient . Jamais quelqu’un.e ne fut davantage atomisé.e que les martyres des husbands. Les coupables consomment vos innocences comestibles. Le réel de votre sang se dilue dans leurs sauces.

Les féministes débarquent encore dans les couches du spécisme et font de vous encore objet de métaphore. Pour appuyer leur statut de victime les femmes hurlent leur souffrances d’être traitées par les hommes « COMME de la viande » mais échouent à atteindre votre réalité de viandalisé.es, elles s’arrêtent où commencent vos décapitations dans une référence stylistique de langue, vous enferment dans une comparaison, verrouillent le couvercle conceptuel dans l’abstraction verbale. Elles s’indignent en s’arc-boutant sur d’autres victimes . Font de la zooppression un support abstrait en piédestal. Piétinent vos peaux meurtries. Les pénis coutellisés qui les violent sont pourtant ce même couteau qui perce la chère chair de nos sœurs andronommées « cochettes ». Les pédocriminels se servent les vulnérables, les féministes aussi quand elles le font à table. 

Le capitalisme n’a jamais cessé de carburer à l’holocauste des « caput », des têtes dites de « bétail » -qui à l’heure où j’écris ces lignes- n’est pas un détail de l’Histoire mais une insignifiance moralisée mondialisée. Aux viols au GHB des femmes répond l’anesthésie aux abattoirs. Tout l’husbandry est snuff movies. Leurs regards matent le con avant con- sommation .

Mes mamelles ne sont pas traitées comme celles des truies. JE SUIS TRUIE, NOUS SOMMES FEMELLES.

Toi le patriarche criminel, toi la féministe qui se refuse femelle : vous êtes coupables de crime contre l’animalité .

L’impérieuse priorité, l’unique urgence fondamentale, la perversion à redresser c’est le natalicide mondial des violants domesticatueurs, l’arrêt des introductions de viande dans les vulves.

Car à la création gestationnelle de nous toutes femelles, à la lente et miraculeuse floraison fœtale répond actuellement le démembrement industriel de milliards de bébés, tronçonnés à la chaine dans les camps coupeurs de cœurs. Les femelles enfantent, le sapiens tue les enfants. L’ogre mal avale les bébés par la bouche du haut celleux que les femelles découvrent par la bouche du bas . L’impuissance masculine avale des meurtres dans son ventre par vengeance de ne pouvoir y faire vibrer la vie. Les truies accouchent des viols des fermiers dans les fermes des enfermeurs. Cage à viols ou à naissages de quoi devenir folles. Et les mamelles ensanglantées pleurent le sang du natalicide des dicktatueurs. Ces colonisatueurs extractivistes de ragoûts de nos territoires charnels. Les éventreurs kidnappent les fœtus pour leurs goûters. Le ventre béant des truies accouche en enfer humain. Usines à corps usines, leurs souffrances sont la croissance du CAC 40. Treblinka a la côte de porc en bourse. Le nolocauste- holocauste pérennisé par les naissances forcées- est ce que toutes les nécropolitiques  du monde plébiscitent comme maintien et horizons.

Le seul espoir c’est le sursaut de la barbac, le cri de la viande, la transformation des survivantes en guerrières femellistes : End husbandry, nous sommes truies.

Évacuons les fécondeurs de nos corps femelles, convergeons vers les zootres pour délivrer les délivrances de l’impérialisme des mâles . L’husbandry se déchaine, brisons nos chaines. Dignité pour les « cochettes » ou la Terre cessera d’être nourricière. Le fruit de nos entrailles loin de leurs tenailles. L’humanimâle cannibale s’il veut de la saucisse bouffera son pénis. Qu’ils nous laissent en dehors de leurs logiques d’autophages. Dépêchons-nous d’abolir l’husbandry, nous avons des paradis à laisser pousser.

Quand les violants seront enfin interrompus, il sera urgent de laisser être.

Solveig HALLOIN, 25 avril 2021

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