LETTRE D’UNE FEMME À SES PETITS GARÇONS…

LETTRE D’UNE FEMME A SES PETITS GARÇONS…
La brûlure du désert plus que la tiédeur de l’inconsistance. Laissant la chaleur de la confiance réciproque dans le nid orgasme des souvenirs. Une envie de vivre à en mourir.Sans le dernier courage pour les gestes du passage dans le pays de nulle part. L’attachement ne préexiste pas à la relation mais cet amour est une décision sans volonté. Quand décider se fait par et en même temps que la décision de l’autre, quand cet autre est un homme et qu’aucun sait que les femmes existent autant qu’eux. Dans le labyrinthe des impasses à vivre dans le regard du misogyne. Comme un filament de désir éreinté par les mains baillons qui retiennent le cri des trahisons. La vieillesse relative à l’âge du regard . Je me souviens avoir été belle et appréhendée comme une proie, ne laissant nul regret à ne plus être appréhendée. Mais la colère pour moteur, manque la tendresse pour carburant. Alors en roue libre je croule espérant les frissons d’une accélération et que du crash vers le pays de nulle part je n’ai jamais conscience. J’eusse aimé faire l’amour une dernière fois ,en lévitation et toutes les sensations dans l’espace du temps finir pour ne plus tomber. Il faut de l’énergie pour avoir du chagrin, mourir de vivre dans un monde de zombies qui s’ignorent, je veux disparaître dans les larmes avant que les violants m’aient transformé en encéphalogramme plat. Mes enfants, mes amours, vous ne vous souviendrez pas qu’on a existé et qu’on s’est aimé. Les pères on cassés toutes les fibres , la dentelle de nos tendresses, les tomates vertes de nos souvenirs, les petits bras qui serraient mon cou quand je sentais le parfum de vos cheveux tête blonde et que vos jambes accrochaient ma hanche, nous étions soudés dans le bonheur avant que les pères ne tirent vos chevilles, vous arrachent à mon sein et fassent des mères de sang à mes pieds. Elia et Lou mes bienaimés, personne ne saura qu’on s’est aimé. Les violants ont effacé vos souvenirs et j’emporte avec moi la trace de nos baisers. Goûtez le monde en imitant les zootres qui le goûtent. Libérez les camps pour connaître la liberté. Célébrez l’existence des femelles en kiffant l’émerveillement du décentrement à votre suprématie. Les milles violences masculines ont usé la patine de l’enthousiasme. Vous êtes encore chez les collabites, interférences de vos violences. Colonisée jusque dans l’aménorrhée du trauma de vos coups. Censurée à chaque monosyllabe d’insoumise prononcée. J’aurais voulu vivre mais je ne sais plus qui aimer, j’avais besoin d’aimer celui qui m’aime et il ne peut exister . Destin fatal de la civilisation des gynocidées. J’ai ressenti les richesses de ma femellité quand les miroirs renvoyaient que laideur. Mais le palais de glaces masculine a trop souvent renvoyé la nullité de mon corps. En l’embrochant comme un gant à reluire sans aborder la sensibilité en chair. En projetant la femme batterie de leur possessivité. A force de ne pas être considérée je ne sais plus si je sais à mon tour encore aimer et faire attention à l’autre , ce pays inconnu où l’on découvre l’insoupçonné. Quelques hommes cassés par d’autres hommes entrevoient parfois tout ce qu’ils ont ratés . Mais aucun n’a eu le sursaut vitaliste de combattre le système androcrate qui génère tant de haine. Et il n’y a que celui là dont j’ai envie, besoin . J’aime un inexistant , les existants ne savent aimer. Comme un dernier repas , je traine l’échec de n’avoir pu guérir mes neurones bousillées, celles qui ont disjoncté quand autant de terreur ne peut s’appréhender. Je suis pour l’éternité dans l’espace mental où le couteau phallicisé a enfoncé entre mes jambes l’enfant bombe qui pulvérise les femmes pour des générations. Fatiguée, je lance ma vie aux probabilités. Un soupçon de courage et sans peur de la mort je pourrais à nouveau faire les gestes justes qui précipitent dans les prisons de la dicktature. Trouver la rassurance dans la juste justice, inventer les bras qui consolent . Aller, quoiqu’il arrive, mais aller,avant que de toute façon mourir.

Solveig Halloin, 18 juin 2020,comme toujours censurée….

Please follow and like us:
error